L’agriculture régénératrice : travailler à l’échelle des écosystèmes agricoles

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L’agriculture régénératrice : travailler à l’échelle des écosystèmes agricoles

Comment se met en place concrètement l’Agriculture Régénératrice ? Quel est l’accompagnement terrain proposé ? Quelles sont les évolutions visibles et mesurables sur les exploitations et donc les impacts sur les écosystèmes ?
C’est ce que vous allez pouvoir découvrir avec Emilie Ollion, docteur en sciences animales chez Biosphères et Alexis Bach, chef de projet chez Biosphères. A travers un projet concret sur une exploitation locale et le témoignage de l’agriculteur, Ludovic Angénieux, vous pourrez mesurer concrètement son parcours et les actions encore possibles. Les indicateurs d’impact et de résultats permettent d’illustrer la progression fulgurante permise par l'agriculture régénératrice.

La régénération des écosystèmes agricoles passe par le carbone mais pas que. En effet, l’entretien de surfaces agricoles par le pâturage, une bonne densité d’arbres feuillus, le maintien de l’eau sur l’écosystème, … aide à la régénération des écosystèmes agricoles, d’où la nécessité de s’intéresser à l’ensemble des composantes et du cycle des écosystèmes

Comment déployer et suivre des projets de transition d’agriculture régénératrice à l’échelle des écosystèmes ?

Cas concret du projet d’Agriculture Régénératrice de Danone déployé sur l’impluvium de Badoit (42). 

Le projet territorial est basé sur l’intelligence collective, les connaissances biologiques des écosystèmes et l’efficience économique. L’impluvium est dans une région de forte urbanisation ce qui génère notamment des problèmes d'infiltration de l’eau. Le projet a donc 2 ambitions majeures : 

  • Le maintien des agriculteurs et des surfaces agricoles sur le territoire
  • La préservation des écosystèmes agricoles et de la ressource en eau. 

Ainsi, des audits ont été réalisé chez l’ensemble des agriculteurs présents sur le territoire pour réfléchir à cette notion de régénération des écosystèmes et ainsi coconstruire d’un programme avec des ambitions, des valeurs et des indicateurs de suivis partagés

  • Accompagnement individuel des agriculteurs engagés et des changements de pratiques engagés : coaching individuel, audit annuel, …
  • Des animations collectives des agriculteurs engagés : formation, ateliers / démonstration, expérimentation, voyage d’étude

Un engagement collectif qui s’est basé principalement sur les thématiques suivantes : 

  • Réduction de l’usage des produits phytosanitaires
  • Préservation des sols 
  • Préservation de la biodiversité et des surfaces en prairies
  • Gestion raisonnée de la fertilisation et des effluents d’élevage

Quelques chiffres sur le programme : 22 exploitations engagées ce qui représente 1 558 hectares de terres. Plus de 50 journées techniques ont été réalisées depuis le début du projet en 2019. 

Focus sur une exploitation particulière de l’impluvium : le GAEC Angénieux, l'exploitation de Ludovic et Cyrielle

Leur ferme représente 50 hectares, 50 vaches laitières montbéliardes permettant la vente de lait, de formage et de yaourts. L’un des problème principal de l’exploitation était de travailler sur le non labour pour augmenter la fertilité des sols, lutter contre l’érosion et être plus résistant aux intempéries. 

Le fait de travailler en groupe a permis à Ludovic de travailler, de s’entraider et de trouver des solutions à des pratiques communes. De plus, grâce au collectif, l’impact est plus maîtrisé.

Résultats globaux : 

  • Produits phytosanitaires : passé de 25% des surfaces qui recevaient des produits phytosanitaires en 2019 à 9% ou 10% des espaces qui en reçoivent. 
  • Préservation des sols : 16% de surfaces semées sans labour avec couverture permanente des sols à 69% en 4 ans. 
  • Préservation des surfaces en prairies et de la biodiversité : les agriculteurs ont maintenu leurs surfaces en prairies malgré les aléas climatiques, réflexions à des cycles de continuité écologique (ex: plantation de haies), projets de restauration de mare, …
  • Fertilisation : se passer le plus possible d’azote minéral (au global, réduction d’⅓ )

Le but du programme est de former les agriculteurs, de leur redonner les bases biologiques pour leur permettre de prendre les bonnes décisions sur leurs exploitations. 

Au global économiquement c’est rentable : les éleveurs ont augmenté leur autonomie protéique, augmenté leur l’autonomie fourragère, … Au total, 77% des agriculteurs trouvent que le programme a un impact positif voire très positif sur leur situation économique. 

Comment évaluer et piloter la transition agro-écologique ?

Il est essentiel de construire une approche globale et holistique à tous les niveaux pour piloter la transition agro-écologique puisqu’on observe de nombreuses problématiques : 

  • Multiples framework « agriculture durable » « sustainable farming » « regenerative agriculture »  ou « bas carbone » : chacun construit sa grille et il serait important d’arriver à un consensus commun
  • Multiples audits sur les exploitations agricoles ce qui génère beaucoup de temps occupé, peu de retours des audits et donc finalement un manque d'efficience pour les agriculteurs
  • Pas de retour d'audit pour l'agriculteur ou incomplète et pas de conseils opérationnels associés : pas de feuille de route co-construite, pas ou peu de valeur ajoutée perçue dans la démarche et ainsi la transition et les impacts sont limités
  • Une chaîne de valeur parfois floue
  • Des enjeux de traçabilité mal adressés
  • Des familles d’indicateurs identifiées mais peu d'indicateurs opérationnels et pas de protocoles associés
  • Des projets non comparables entre eux
  • Des indicateurs de moyens et des indicateurs de résultats mais finalement aucun indicateur opérationnel avec des protocoles de mesures qui permettent d’aller véritablement identifier et mesurer l’impact d’une transition agriculture régénérative sur le terrain. 

L’idée, est donc de collecter une assiette de données brutes sur l’exploitation via un référentiel et un audit par an qui servira aux choses suivantes : 

  • Accompagnement de l’agriculteur au travers d’indicateurs de performance technico-économique de l’exploitation
  • Accompagnement des filières dans leurs engagements RSE, leurs financements, …
  • Ces données peuvent aussi servir l’innovation pour aider au développement d’un itinéraire technique de cette transition

L’essentiel est d’avoir une approche globale. C’est ce que propose I-Sphères, un outil de Biosphères permettant de suivre cinq indicateurs (indicateurs sur l’eau, le carbone, le social, la santé des sols et la biodiversité). Cet outil est à destination des agriculteurs (avec des formations de groupe, un soutien technique, une feuille de route individuelle) et des entreprises (KPI suivi d’impact, stratégie projets d’agriculture régénératrice, gestion des risques). 

Approche globale et intégrée

En conclusion, pour avoir de l'impact il faut :

  • S'inscrire dans une démarche globale, pragmatique, long terme et cohérente pour l'ensemble des parties prenantes
  • Réussir à lier Terrain – Humain – Stratégie & RSE – Réglementation
  • Se placer dans une posture de régénération des écosystèmes et des cycles du vivant
  • Mettre le digital au service des projets : objectiver cette transition pour l'agriculteur autant que pour la mesure d'impact

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